Traitement des traumatismes

Un traumatisme psychologique est une expérience vécue de manière extrêmement marquante, souvent dans une situation violente, ou tout du moins une situation où la personne est émotionnellement perturbée, avec la sensation de ne pouvoir rien faire.

Les traumatismes psychiques sont à la source d’un nombre important de troubles dans notre construction et notre vie psychologique. Il existe aujourd’hui des travaux de plus en plus nombreux sur l’étude des traumatismes et leur rôle dans notre vie. Des percées importantes ont vu le jour ces dernières années, notamment avec le développement de la médecine corps-esprit et l’ouverture aux nouvelles techniques de thérapie.

Définition d’un traumatisme

Un traumatisme est un événement extraordinaire causant une grande détresse émotionnelle, et où la personne est touchée dans son intégrité, soit physiquement, soit psychologiquement, et parfois les deux. Un événement traumatique crée chez la personne des émotions fortes, voire violentes, telles que peur, terreur, détresse, effroi, sentiment d’abandon, sentiment d’impuissance, douleur, et tout ce qui peut caractériser une « blessure » intérieure. On parle alors de potentiel traumatique pour évoquer la puissance subjective d’un événement traumatique. Car il faut savoir qu’un même événement aura un impact différent sur différentes personnes, pouvant être traumatique selon l’âge, les ressources physiques et mentales.

C’est une notion très freudienne de dire que les traumatismes, en particulier les traumatismes de l’enfance sont la source de toute maladie mentale. Si Freud lui-même a ensuite délaissée cette théorie pour approfondir ses concepts psychanalytiques, on revient aujourd’hui beaucoup sur cette idée : un traumatisme laisse une empreinte profonde et influence notre comportement pour le reste de notre vie, à moins que ce traumatisme ne soit « guéri » ou « retraité« .

Un traumatisme est donc la manière violente dont est perçu un événement comme :

  • Viol ou attouchements sexuels
  • Abus, violence domestique
  • Agression
  • Guerre ou catastrophe naturelle
  • Découvrir un cadavre
  • Perte brutale d’un proche (deuil traumatique)
  • Accident (de voiture par exemple)
  • Situation de coercition (être obligé de faire quelque chose de contraire à nos valeurs)
  • Harcèlement
  • Abandon, rejet

Nous sommes inégaux face à ces situations. Certaines personnes peuvent se remettre d’un viol, par exemple, et retrouver un rapport au sexe quasi-normal, tandis qu’une autre personne peut développer une phobie des voitures à la suite d’un accident sans grande incidence. Tout dépend de la manière dont l’événement est vécu, et du profil psychologique de la personne, ses ressources (estime de soi, confiance, capacité à rationaliser, prise de recul, résilience, etc…)

Le traumatisme : une blessure dans l’inconscient

On dit souvent qu’un traumatisme est comme une blessure intérieure, quelque chose dont on a du mal à se défaire. Cela peut se manifester de nombreuses manières :

Développement d’un trouble mental caractérisé :

  • Manque d’estime de soi et de confiance en soi
  • Phobie
  • Angoisse, anxiété, agoraphobie
  • Dépression
  • Syndrome de stress post-traumatique
  • Au pire : troubles de la personnalité (paranoïa, schizophrénie, hystérie, hallucinations, etc…)

Création de schéma reproduit automatiquement : se mettre dans une situation d’échec régulièrement, avoir toujours le même comportement non voulu dans une situation donnée, avoir toujours le même type de relation dysfonctionnelle.

Une autre conséquence des traumatismes que l’on voit souvent est la création d’une certaine vision du monde, étriquée, déformée par le prisme des pensées extrêmes formées lors du traumatisme. Malheureusement, un trop grand nombre de personnes aujourd’hui souffrent de ce genre de croyances limitantes d’origine traumatique. Ce sont comme des pensées qui s’imposent à nous, devenues « normales » car habituelles et vérifiées, et qui sont souvent inconscientes, comme :

  • « je n’ai pas de valeur »
  • « je ne mérite pas d’être aimé »
  • « je serais jamais heureux »
  • « les hommes sont violents »
  • « on ne peut pas faire confiance aux adultes »
  • « le sexe c’est mal/douloureux »
  • « il n’y a pas d’amour heureux »
  • « on va m’abandonner de toute façon »

Etc…

On voit bien qu’une personne ayant ce genre de croyance imprimée dans son inconscient aura des difficultés dans sa vie, car ce genre de mode de pensée influe profondément nos comportements et nous empêche d’être serein, heureux, ou de voir le côté positif des choses, les opportunités plutôt que les dangers.

La plupart du temps, ces éléments sont inconscients : la personne ne comprend pas d’où vient son problème, ou ne peut pas faire le lien avec un événement ancien (a fortiori s’il est refoulé). C’est donc en agissant à un niveau inconscient que ces éléments pourront être traités.

Amnésie et refoulement

Une caractéristique importante des traumatismes est qu’ils sont douloureux. On peut éprouver une grande douleur psychique, émotionnelle, suite à un traumatisme, et tant que ce trauma n’aura pas été retraité ou « guéri », cette blessure restera à vif.

L’effet de cette douleur est qu’un traumatisme que la personne n’a pas pu dépasser va être souvent oublié ou refoulé. C’est en particulier le cas des traumatismes que la personne ne peut s’expliquer (« pourquoi cette personne, qui est censée m’aimer, m’a fait ça ce jour-là »), ainsi que les traumatismes les plus anciens. Cette amnésie est un mécanisme de protection de l’inconscient, pour éviter la souffrance.

Néanmoins, ce mécanisme inconscient peut devenir un obstacle à l’épanouissement : la personne n’a pas conscience d’avoir subi un traumatisme, ou pense ne pas avoir de problème. Lorsqu’on devient adulte, les choses deviennent plus compliquée par le fait qu’un événement est vu d’un point de vue d’adulte, sans douleur, alors qu’une partie de nous souffre toujours à l’intérieur (voir ci-dessous le fractionnement).

Dans certains cas, une partie entière de la vie de la personne est oubliée (« je ne me souviens de rien avant mes 8 ans »). Cette obscurité peut faire peur, et il faut savoir que même un traumatisme refoulé, oublié, aura un impact profond, aussi bien au niveau comportemental que biologique, tant qu’il n’aura pas été traité (voir les critères de guérison d’un traumatisme).

L’amnésie consciente est également un obstacle à la thérapie. Certaines méthodes permettent de dépasser ce blocage en s’adressant directement aux mémoires inconscientes.

Dissociation lors d’un traumatisme

Un autre effet des traumatismes sévères est que qu’on appelle la dissociation. Il s’agit d’une séparation entre le corps et l’esprit. C’est aussi un mécanisme de protection pour éviter la souffrance : on oublie son corps et on apprend à moins ressentir les émotions.

Une personne dissociée aura tendance à moins avoir d’intuition (moins de subtilité dans les sensations physiques) et à avoir des problèmes d’addiction. Il semble que certains traumatismes particuliers puissent être à l’origine des problèmes d’addiction ou de compulsion : on se regarde faire, on ne contrôle plus ses comportements.

Fragmentation en « parties de soi »

Un phénomène de plus en plus reconnu par les professionnels est la différenciation entre différentes « parties de soi » qui agissent de manière différentes et parfois opposées à la suite d’un traumatisme. La personne, si elle en a la moindre conscience, s’exprime alors en disant « c’est comme si une partie de moi m’empêche de … » ou alors « il y a cette petite voix qui me dit de… »

Lors d’un traumatisme sévère, il peut se créer comme une nouvelle facette de la personnalité inconsciente de la personne. Cela complète ce qui a été dit ci-dessus sur les effets d’un traumatisme et la dissociation. Cette nouvelle part de soi est souvent centrée autour d’une mission précise. La plupart du temps, il s’agit de protéger la personne, ou de faire vérifier une croyance inconsciente.

Un travail thérapeutique aura tout intérêt à prendre en compte l’existence de cette part de soi, caché à l’intérieur de la personne. La plupart des hypnothérapeutes reconnaissent déjà la validité de ce modèle, même s’il reste, en hypnose ericksonienne, non déterminé (on ne sais pas si la personne est fragmentée en plusieurs parties, ni combien de partie il y a). Des protocoles d’hypnose utilisent implicitement ou explicitement ce concept : le recadrage, la négociation entre les parties, la transformation essentielle.

Malheureusement, ce type de partie de soi, formée suite à un traumatisme, réagit selon sa propre psychologie, souvent éloignée des considérations conscientes. Il y a donc tout un travail de réintégration des facettes de la personne à réaliser pour finaliser un travail permettant à la personne d’avancer dans sa vie.

J’ai récemment améliorée mon travail en incluant le travail de conciliation des parties, notamment en cas de trauma complexe.

Trauma simple et trauma complexe

Il est depuis plusieurs années accepté qu’il existe deux grands types de traumatisme psychologique :

  1. Le traumatisme simple : un seul événement traumatique
  2. Le traumatisme complexe : plusieurs événements traumatiques, ou vécu sur une période donnée d’une situation extrêmement difficile (guerre, viols à répétition, etc…)

Indépendamment de la nature du trauma et de l’âge auquel il a été subi, cette distinction amènera à utiliser différentes stratégies thérapeutiques.

Un travail sur un traumatisme simple est en général lui aussi plutôt simple (même s’il est douloureux) : il faudra ré-accéder au traumatisme afin de le retraiter et le déconditionner, préférablement via un état modifié de conscience.

Un traumatisme complexe, en revanche, demandera un travail plus long de renforcement de la personnalité, de désactivation des déclencheurs présents en cas de symptômes identifiés (angoisse, panique, dépression, compulsion, etc…), avant de déconditionner progressivement toutes les mémoires inconscientes du passé. Ce travail incluera aussi un travail approfondi sur les parties de soi, afin de réharmoniser la personnalité.

Traumatisme

Sortir de l’isolement est la première étape pour dépasser un traumatisme

Guérir d’un traumatisme psychologique

La question de savoir comment on peut guérir* un traumatisme psychique reste une préoccupation de nombreuses écoles de pensées en psychologie. C’est malheureusement un domaine un peu délaissé par la psychologie académique et universitaire, concentrée sur d’autres théories psychologiques (en conflit les unes avec les autres).

Heureusement, plusieurs techniques puissantes et efficaces ont été découvertes ces dernières décennies, portées par le développement de la thérapie brève.

Mon travail de thérapeute est centré sur l’utilisation de méthodes de déconditionnement, de relaxation et de travail sur l’inconscient.

L’EMDR/RITMO est une technique ayant démontré son efficacité depuis plusieurs décennies dans le retraitement des traumatismes, efficace sur des traumatismes refoulés ou sévères, y compris sur le syndrome de stress post-traumatique. Cette technique très efficace est notamment utilisée aux USA sur les traumatisés de guerre.

L’EFT est une technique de libération des émotions, d’élimination du stress et de relaxation profonde. C’est une technique étonnante, également très efficace, et permettant d’agir avec précision sur n’importe quelle émotion négative afin de la soulager.

L’hypnose, enfin, permet d’accéder à l’inconscient et de changer la perception cognitivo-émotionnelle d’un événement, afin de le transformer en apprentissage, ou de travailler profondément sur les ressources.

Il existe d’autres techniques efficaces, mais je ne les pratique pas, donc je n’en parlerai pas en détail : kinésiologie, psychodrame, focusing, Tipi, restructuration biologique, méthode de libération des cuirasses, etc… D’une manière générale, les techniques passant par le corps ou s’adressant à l’inconscient permettent généralement de relâcher un traumatisme.

* le mot guérir est issu pris au sens métaphorique : il s’agit de travail psychologique, et en aucun cas de guérison au sens médical du terme.

Ma méthode pour traiter les traumatismes

Ma méthode pour traiter les traumatismes est centrée sur l’utilisation conjointe des techniques décrites ci-dessus, dans le cadre de la thérapie brève orientée solution et de la théorie des parties.

La première phase du travail est de déterminer quels sont les problèmes à éliminer au présent, et les objectifs à atteindre. En effet, pour mobiliser les ressources internes de guérison et d’évolution, il faut savoir à quoi cette thérapie va servir ! Cela permet d’identifier les éléments permettant de mesurer l’avancement de la thérapie, et de motiver la personne. Un objectif cohérent et positif peut être :

  • sortir d’une compulsion ou d’une addiction
  • faire cesser des crises de panique ou d’anxiété
  • retrouver un emploi, une relation
  • se sentir libre et positif

D’une manière ou d’une autre, il s’agit de faire cesser une souffrance et de libérer la personne.

Selon qu’il s’agit d’un traumatisme simple ou complexe, le travail sera très différent. Il est nécessaire d’évaluer si les ressources de la personne sont suffisantes pour dépasser le traumatisme, si ce traumatisme est profondément ancré, etc…

Les ressources, c’est tout ce qui nous aide à nous construire et à avancer dans la vie : notre force, courage, le fait d’être malin, notre énergie, ou tout simplement ce que nous aimons, ce en quoi nous croyons.

Dans le cas d’un traumatisme complexe, le travail consistera donc à renforcer les ressources utiles de la personne.

En second lieu, on travaillera de préférence sur le futur : s’imaginer un futur positif, sain, plein de possibilités heureuses. De manière progressive, on permettra à de plus en plus de situation d’être vécue sereinement, avec des symptômes de plus en plus faibles et rares. Ce travail est suivi par un travail sur le présent : image de soi, croyances, valeurs, capacités, comportements.

En dernier lieu, lorsque la personne se sent prête, on passe au traitement profond de tous les éléments traumatiques de son passé, jusqu’au cœur.

Ma méthode de prédilection pour réaliser ce travail sera un mélange d’hypnose et d’EFT. En effet, je trouve que l’EFT est réellement très efficace pour soulager des émotions négatives et éliminer des croyances, y compris en travaillant sur un traumatisme « dur », tandis que l’hypnose est sans pareille pour construire des ressources et reprogrammer des comportements. Dans certains cas, une utilisation raisonnée et parcimonieuse de l’EDMR sera faite. Effectivement, l’EMDR est efficace, en particulier sur les gros traumatismes (alors que l’EFT s’en occupe petit à petit), mais l’EMDR peut parfois être trop puissant et provoquer de la souffrance, voire une dissociation.

J’ai eu plusieurs fois vent de gros soucis étant arrivé avec l’EMDR. Je travaille donc rarement avec cet outil en cas de traumatisme complexe ayant impacté la personnalité. En revanche, cela peut être une bonne idée sur un traumatisme clairement identifié.

Alors pour en savoir plus, vous pouvez consulter les articles du blog sur le sujet des traumatismes :

Mes consultations et tarifs pour le traitement des traumatismes

Le travail sur les traumatismes est un sujet vaste et souvent délicat. Il concerne aussi bien les difficultés à parler en public que les cas de harcèlement moral, et même de volonté suicidaire. C’est donc un travail qui peut parfois demander plusieurs consultations.

Mon optique étant toujours d’être dans une logique de thérapie brève, on commencera de préférence par utiliser l’hypnose et/ou l’EFT, puis une combinaison des deux.

La première séance coûte 80 € et dure environ 1h30.

La seconde séance coûte 70 € et dure environ 1h.

Les séances suivantes coûtent 60 € et durent 1h environ.

Tarif solidaire : 50 € pour les étudiants et les demandeurs d’emploi. Engagement sur plusieurs séances : pack de 500 € les 10 séances, payables en plusieurs fois.

Voir la section de contact et prise de rendez-vous.